Vêtements multicouches
Véritable révolution dans la pratique du plein air, le principe du multicouche permet de s’adonner à des activités extérieures par temps froid ou humide, sans jamais grelotter et tout en demeurant au sec.
Achat
Première couche : le sous-vêtement
Porté directement sur le corps et fabriqué de fibres synthétiques hydrophobes (polyester ou polypropylène) ou autres (comme la laine mérinos), le sous-vêtement (ou couche de base) évacue l’essentiel de l’humidité dégagée par le corps.
Selon l’activité pratiquée, il sera mince (pour les sports à fortes dépenses d’énergie, comme le ski de fond), moyen (activités rigoureuses) ou épais (pour les activités qui demandent moins d’efforts, comme le ski alpin).
Par temps chaud, la soie peut se substituer aux fibres synthétiques, mais le coton est à proscrire en toutes circonstances : il ne fait qu’absorber l’humidité et sèche très lentement, ce qui entraîne inévitablement la perte de chaleur corporelle.
Deuxième couche : le molleton (laine polaire)
Cette couche agit de deux façons : d’une part, elle sert d’isolant; d’autre part, elle évacue l’humidité qui n’a pas été absorbée et éliminée par la première couche. Encore ici, la laine mérinos est très efficace, mais la fibre synthétique est la plus répandue. Dans ce dernier cas, selon le type de température extérieure à laquelle on est confronté, on choisira un molleton 100 ou 200.
Le molleton 100 est léger et permet une évaporation optimale de l’humidité. Il se porte directement sur la peau comme sous-vêtement (températures moyennes) ou par-dessus le sous-vêtement (températures froides).
Le molleton 200, plus épais, est conçu pour garder davantage au chaud. Il laisse lui aussi s’échapper l’humidité mais offre un pouvoir isolant accru. Certains modèles haut de gamme comportent des évents pour laisser favoriser l’évacuation de l’humidité lors d’activités physiques intenses.
Par temps très froid, la deuxième couche peut aussi être constituée d’un vêtement isolant (idéalement en fibre synthétique) ou d’un vêtement de type soft shell (formé de tissus élastiques, qui respire bien tout en ayant un bon pouvoir isolant).
Troisième couche : la coquille
Ce n’est parce que la couche extérieure du multicouche est mince qu’elle ne protège pas bien du froid : sa fonction première est de couper le vent et de l’empêcher d’atteindre le corps, ce qui prévient les pertes de chaleur.
Certaines coquilles sont faites d’un matériau coupe-vent, qui ne fait qu’empêcher les rafales de refroidir le corps; d’autres, totalement imperméables, empêchent la pluie de détremper les couches de vêtement intérieures.
Mais la coquille la plus performante qui soit, celle qui permet en tout état de cause de garder le corps au chaud, c’est l’imper-respirant. Sa principale caractéristique est de protéger totalement du vent et de la pluie à l’extérieur tout en laissant s’échapper l’humidité corporelle. Résultat : les vêtements intérieurs demeurent secs et le corps se maintient à une bonne chaleur en tout état de cause.
Utilisation
Le grand avantage du système multicouche, c’est qu’on peut ajouter ou retirer une couche de vêtement sous la coquille, selon le degré d’intensité de l’activité pratiquée. Peu importe la température extérieure, il y a donc toujours moyen de « bâtir » son propre système de protection contre le froid et d’être confortable en tout état de cause, chose impossible avec un vêtement isolé.
Pour ce faire, il faut toujours porter sur soi le bon nombre de couches (généralement deux ou trois) et, idéalement, placer une couche supplémentaire (laine polaire) dans son sac à dos, pour parer à toute éventualité ou pour remplacer une couche qui se serait détrempée.
Le molleton (laine polaire) doit être porté le plus près possible du corps pour emmagasiner l’humidité dégagée par la transpiration et l’évacuer par la suite.
Si l’intensité d’une activité augmente rapidement, on n’a qu’à ouvrir les glissières de la coquille (et celles du molleton, le cas échéant), pour favoriser l’évacuation de l’humidité vers l’extérieur. Ne reste plus qu’à refermer les glissières dès que l’intensité de l’activité diminue de nouveau.
Si on sait qu’une activité sera intense, on peut dès le début se départir d’une couche puisque la forte dépense d’énergie aura tôt fait de réchauffer le corps.
Entretien
De façon générale, laver les vêtements techniques dès qu’ils le requièrent.
Laver et sécher les vêtements au plus haut degré indiqué sur l’étiquette du manufacturier.
Toujours bien rincer les vêtements afin d’enlever l’excès de détergent. Éviter les assouplisseurs : ils encouragent la pénétration d’eau dans les tissus et ils ont tendance à demeurer dans les fibres du vêtement.
En excursion, rincer à l’eau fraîche tout vêtement qui aurait été exposé à de l’eau salée.
Ne jamais sécher le vêtement près d’un feu (notamment à cause des tisons) ou sous un soleil intense.
