Tentes
La tente, c’est plus qu’un abri pour passer la nuit en plein air, c’est un refuge, un petit chez-soi qu’on plante où bon nous semble, entre deux bouts de randonnée. Voici un petit guide pour dénicher le modèle qui convient à vos besoins.
Achat
Pour bien choisir sa tente, il faut se demander:
- où, quand et comment on compte l’utiliser
- combien de personnes y prendront place
- quel est le budget disponible
Trois ou quatre saisons?
En premier lieu, déterminer la période de l’année durant laquelle la tente sera utilisée. Une tente trois saisons conviendra parfaitement pour le printemps, l’été et l’automne, tandis qu’une tente 4 saisons, dont les arceaux sont renforcés pour supporter le poids de la neige, sera nécessaire à ceux qui désirent pratiquer le camping d’hiver.
Pour leur part, les campeurs qui explorent des lieux où les intempéries peuvent être extrêmes ont tout intérêt à opter pour une tente d’expédition (ou tente hivernale). Plus solide et plus chaude, ses arceaux sont plus nombreux et plus robustes, et la ventilation y est réduite au minimum, pour conserver la chaleur à l’intérieur.
Enfin, les tentes dites familiales (parfois appelées estivales) sont généralement assez vastes pour qu’on puisse y tenir debout. Mais elles sont si lourdes et encombrantes qu’on ne peut les transporter qu’à l’aide d’un véhicule motorisé.
Forme et conception
On distingue d’abord les traditionnelles tentes en « A », qui sont vastes et faciles à monter, mais qui pèchent par leur lourdeur, leur manque d’aérodynamisme et la prolifération de tendeurs qu’elles nécessitent pour tenir debout.
En fait, ces tentes se font plus rares depuis l’avènement des tentes autoportantes en forme de dôme, qui peuvent être montées sans être fixées au sol grâce au croisement de leurs arceaux. L’avantage principal de ce modèle de tente? On la monte n’importe où et on peut la déplacer au besoin sur le meilleur site disponible. Une fois celui-ci choisi, il ne reste plus qu’à ancrer solidement la tente au sol, pour éviter qu’elle parte au vent. Autrefois de forme hémisphérique, les tentes en dôme prennent de nos jours plusieurs formes visant à en augmenter l’espace habitable, d’où leur nom actuel de « dôme modifié ».
Enfin, les tentes en forme de tunnel rejoignent encore un certain public, notamment les cyclistes, vu leur légèreté et leur taille basse, qui les rend plus aérodynamiques. Elles nécessitent cependant l’emploi de piquets et de tendeurs, ce qui limite les types de sols sur lesquelles elles peuvent être montées.
Une ou deux parois?
Une infime partie des tentes disponibles sur le marché ne compte qu’une seule et unique paroi. Construites avec un tissu technique de haute qualité et imper-respirant, elles sont plus légères mais plus coûteuses et parfois difficiles à ventiler.
La très grande majorité des tentes comprend plutôt deux parois : une à l’intérieur, qui respire grâce à des panneaux ajourés et à des moustiquaires; l’autre à l’extérieur, formé d’une membrane imperméable : le double-toit. Toutes deux sont séparées l’une de l’autre, ce qui permet à la couche d’air mitoyenne d’isoler la tente et d’évacuer l’humidité dégagée par le corps humain, au lieu de refroidir l’intérieur.
Parfois, le double-toit est conçu de façon à se prolonger et former un ou deux vestibules devant les portes de la tente, ce qui est très pratique pour laisser ses chaussures boueuses, des bas odoriférants et un peu de matériel au sec sans pour autant encombrer l’intérieur de l’habitacle.
Matériaux
Plus souvent qu’autrement, la paroi intérieure de la tente est fabriquée en nylon, un matériau solide, peu enclin à absorber l’humidité et qui résiste fort bien à l’abrasion, en plus d’être abordable. Pour les double-toits, on tend cependant à préférer le polyester, un matériau qui résiste mieux aux durs rayons ultraviolets et à l’humidité, bien qu’il supporte moins bien la tension et qu’il s’use plus facilement. De façon générale, le plancher de toute tente doit être robuste et très imperméable, et ses rebords doivent remonter sur les côtés pour éviter que la base prenne l’eau. Pour sa grande résistance à l’abrasion et aux déchirements, le nylon est souvent privilégié dans ce cas.
Pour alléger le poids de la tente, certains manufacturiers choisissent le ripstop (un tissu anti-déchirure), qui est très mince mais qui comporte un treillis renforcé empêchant la progression des déchirures, le cas échéant. L’autre tissage répandu dans la fabrication des tentes est le taffetas, qui varie en qualité et en résistance selon la grosseur du fil utilisé. Toutes proportions gardées, le taffetas demeure plus résistant que le ripstop.
Divers
Placées au cœur de tissus souvent tendus à l’extrême, les glissières sont facilement exposées à des bris. Idéalement, elles devraient être torsadées et fabriquées en nylon, ce qui les rend plus légères et plus faciles à manipuler.
La qualité des coutures est un important élément à considérer : si celles-ci forcent lorsque la tente est tendue, cette dernière sera plus susceptible de prendre l’eau. À cet égard, chaque tente comporte une cote d’imperméabilité, qu’on mesure en millimètres : ainsi, une tente de 5000 mm offre moins de résistance à l’eau qu’une tente dont la cote est de 10 000 mm.
Généralement attachés les uns aux autres par une cordelette élastique intérieure, les arceaux doivent être robustes, légers et être dotés d’un minimum de flexibilité. S’ils sont fabriqués en fibre de verre, ils sont peu coûteux mais plus lourds et ils tendent à s’effriter; s’ils sont faits de carbone, ils sont plus légers et robustes, mais plus chers et parfois cassants. C’est ce qui explique que de nombreux manufacturiers préfèrent l’aluminium, offert en plusieurs alliages dont le degré de solidité et de légèreté varie.
L’essai
Pour bien choisir sa tente, il faut aussi pénétrer à l’intérieur, s’étendre sur le plancher et évaluer l’espace qu’il reste après que tous les campeurs aient pris place.
Une bonne tente doit pouvoir se monter rapidement et aisément. Idéalement, mieux vaut donc essayer de monter sa tente soi-même en magasin, pour constater de visu le temps nécessaire pour compléter le montage.
Il est aussi essentiel de tester la solidité de la structure de la tente. Pour ce faire, il faut pousser sur les parois et l’armature et vérifier que l’ensemble n’a pas tendance à s’affaisser sous la pression du vent. Si les parois se touchent aisément lors de ce test, l’imperméabilité de la tente pourra en souffrir. Enfin, les tentes dont les parois sont plus droites (verticales) offrent davantage de prise au vent mais elles permettent un meilleur écoulement de l’eau de pluie.
Utilisation
Transporter les piquets séparément pour ne pas perforer la toile de la tente.
Autant que possible, monter la tente à l’abri du soleil pour éviter que les rayons ultraviolets abîment le double-toit.
Placer si possible la tente à l’abri du vent, surtout si elle est de forte dimension, pour éviter qu’elle offre trop d’emprise aux bourrasques.
Pour éviter les perforations du plancher de la tente, lorsque le terrain est accidenté ou parsemé de petites roches, utiliser un sous-tente (ou sous-plancher, c’est-à-dire une toile de plastique ou de nylon). Le sous-tente contribue aussi à bloquer l’humidité provenant du sol. La plupart des compagnies offrent des sous-planchers de mêmes dimensions et formes que la tente correspondante, ce qui augmente l’effet désiré.
Entretien
Vérifier régulièrement l’état des glissières et les enduire de paraffine au besoin.
Le plancher, le double-toit et les coutures doivent être réimperméabilisées à l’occasion, avec un enduit au polyuréthane ou au silicone (pour les tissus) voire à l’uréthane (pour les coutures).
Avant de ranger la tente à long terme, il faut bien la nettoyer avec une eau un peu savonneuse, puis la laisser sécher complètement à l’air libre après l’avoir bien rincée.
Ranger la tente dans un endroit sec et ombragé, à l’abri de la poussière, idéalement en l’étalant complètement.
