Chaussures de marche
Si les cordonniers sont les plus mal chaussés, il ne devrait jamais en être ainsi des adeptes de plein air puisque le choix d’une bonne chaussure peut faire toute la différence entre une partie de plaisir et des heures de torture aux pieds. Voici de bons trucs pour s’y retrouver.
Achat
Vous partez voyager en Italie, vous désirez vous balader le week-end en campagne ou en ville, ou vous avez besoin d’une chaussure pour utilisation normale et quotidienne? Vous avez donc besoin d’une chaussure de marche.
Plus généraliste que la chaussure de plein air, moins technique que la chaussure de randonnée, la chaussure de marche est souvent fabriquée en cuir, pour son confort, sa robustesse et sa durabilité, et elle n’est généralement pas imprégnée d’un enduit imperméable. Comme c’est le cas pour les chaussures de plein air, la tige de la chaussure de marche intègre aussi de plus en plus souvent un assemblage de matériaux disposés stratégiquement : cuir pleine fleur là où on a besoin de solidité, nubuck ou suède pour donner de l’allure là où les tensions sont moins fortes. Évidemment, les matériaux synthétiques sont aussi parfois mis à contribution.
La semelle intérieure est, pour sa part, souvent cousinée pour offrir un confort maximum, alors que la semelle d’usure est moins rigide et moins agressive avec des crampons plus doux. La semelle intercalaire intègre des matériaux absorbants pour que l’impact de chaque pas sur le sol soit doux et constant.
Construction
De façon globale, la chaussure est d’abord constituée de la tige, c’est-à-dire de tout ce qui se trouve au-dessus de la semelle. La tige est notamment formée de l’empeigne, qui forme le dessus de la chaussure, de sa pointe jusqu’au cou-de-pied (en ligne droite avec le bas de la cheville); du bout, qui recouvre la région des orteils; de la languette qui forme le prolongement de l’empeigne (ou qui est située sous celle-ci) et qui protège l’avant du pied; et du bracelet (ou collet), sorte de joint d’étanchéité qui empêche que quoi que ce soit puisse s’introduire à l’intérieur de la chaussure. Enfin, on retrouve l’arrière de la chaussure, formé de l’emboîtage reliant les quartiers, c’est-à-dire les deux côtés arrières de la tige, auxquels on intègre parfois un contrefort, sorte de soutien renforci qui maintient fermement le talon en place et minimise les risques de se fouler la cheville.
La semelle est séparée en trois couches : la semelle d’usure, qui entre en contact direct avec le sol; la semelle intérieure (ou première semelle) sur laquelle repose le pied; et la semelle intercalaire prise en sandwich entre les deux précédentes, et qui absorbe les chocs. Cette dernière est parfois surmontée d’un cambrion, c’est-à-dire un renforcement de longueur variable qui donne plus de rigidité à l’ensemble. À l’intérieur, une fausse semelle (ou semelle de confort) amovible est souvent déposée dans la chaussure. Enfin, la doublure se moule au pied à l’intérieur, pour assurer confort et soutien.
Matériaux
Le cuir est sans contredit le matériau le plus couramment utilisé dans la fabrication des chaussures. Souple, résistant, respirant, relativement imperméable et imperméabilisable, il peut être entier (on dit « pleine fleur ») et dès lors particulièrement robuste et coûteux. Il peut aussi provenir d’une part de peau animale plus mince, ce qui le rend plus abordable mais moins résistant.
Quand on sable le côté intérieur du cuir, on le transforme en suède, ce qui le rend plus flexible et plus respirant, mais aussi moins robuste. Un autre procédé de finition par sablage permet plutôt de transformer le cuir en nubuck, lui donnant ainsi l’apparence d’une peau de daim.
Enfin, le cuir entre souvent dans la composition de la doublure : confortable, il se moule plus rapidement à la forme du pied, mais il alourdit alors la chaussure.
Ressemblant au cuir au premier coup d’œil et quasi-hydrofuge, le cuir synthétique est plus sensible à l’abrasion, respire moins bien et tend à se fendiller lorsqu’il est trop exposé au soleil. Mais pour le reste, il partage à peu près les mêmes propriétés que le cuir véritable et ce à moindre coût.
Utilisé dans la fabrication de bottes de randonnée extrême ou d’alpinisme, le plastique est tout aussi imperméable que rigide. Il est parfois intégré dans la fabrication de certaines parties des chaussures (bout, cambrion, etc.)
Plusieurs tissus synthétiques entrent fréquemment dans la composition des chaussures et des bottes, que ce soit pour leur légèreté, leur faible coût que pour leur respirabilité relative. En général, on utilise alors du polyester ou du nylon, que ce soit pour la tige ou pour la doublure de la chaussure. La plupart du temps, l’intérieur de la chaussure est fait de polyester On retrouve toutefois quelques exceptions où l’on préfère le cuir, comme notamment dans la fabrication des bottes de randonnée.
Une récente génération de chaussures comprend des empiècements plus ou moins grands de filet en nylon ou en polyester, ce qui a pour effet de ventiler la tige. La tige des chaussures amphibies est essentiellement fabriquée de cette façon.
Dans un registre opposé, le caoutchouc se démarque par son imperméabilité mais souffre de par son hermétisme : il ne laisse aucunement s’évacuer la chaleur et l’humidité. Par contre, il est fort utile lorsqu’on le fait entrer dans la composition de certaines parties de la tige et surtout pour fabriquer la semelle dure.
On intègre parfois des membranes imper-respirantes à l’intérieur des chaussures pour faciliter l’évacuation de l’humidité vers l’extérieur. À l’occasion, de semblables membranes sont couplées à des filets ainsi la chaussure respire et demeure imperméable.
Enfin, dans la semelle intercalaire, on incorpore souvent du polyuréthane qui est assez lourd, mais aussi de l’Evazote (EVA) si on veut obtenir confort et durabilité. Le carbone ou la fibre de verre sont quant à eux souvent employés pour donner davantage de rigidité au cambrion.
Utilisation
Même si c’est de moins en moins souvent le cas – les chaussures étant de plus en plus confortables – il faut parfois les « casser » (surtout si ce sont des chaussures de randonnée) c’est-à-dire les étrenner dans un contexte autre que celui pour lequel elles sont conçues, afin qu’elles prennent la forme des pieds. Ainsi on évite les ampoules et les douleurs la première fois où on les enfile pour une utilisation sérieuse. Pour se faire, la meilleure technique consiste à porter les chaussures à la maison en gravissant des marches et en recréant toutes sortes de positions qui seront vécues à l’extérieur.
Idéalement, et pour maintenir leur qualité le plus longtemps possible, les chaussures en cuir doivent recevoir un traitement de protection et/ou d’imperméabilisation avant d’être utilisées. Il faut donc procéder au traitement avant d’exposer les chaussures aux intempéries. Certains types de coutures doivent également être scellés avec des produits spéciaux pour assurer l’entière imperméabilité de la chaussure.
Pour éviter d’avoir des ampoules, il faut s’assurer que les chaussettes soient bien ajustées et qu’elles soient fabriquées avec des matériaux qui sèchent vite, comme les fibres synthétiques ou la laine mérinos.
Entretien
Quand elles sont bien entretenues, de bonnes chaussures ont une durée de vie fort appréciable. Pour s’en assurer, il faut d’abord lire les recommandations du fabricant sur les produits protecteurs à appliquer.
Si les chaussures ont été particulièrement salies lors d’une utilisation intensive, on doit retirer les lacets et les rincer à grande eau puis frotter avec une brosse douce. Les laisser ensuite sécher à l’air libre, idéalement à l’ombre.
Retirer les fausses semelles régulièrement, pour les faire sécher et limiter les odeurs nauséabondes. À l’occasion, laver aussi ces semelles pour les mêmes raisons.
Au moins une fois par année, ou plus souvent encore si les chaussures sont surutilisées, il est fortement recommandé de traiter et/ou de réimperméabiliser les chaussures en cuir. Leur vie utile n’en sera que plus longue.
